Dans le cadre d’un PROZAP autour de la production de travaux écrits et illustrés collaboratifs, deux classes de cours élémentaire du lycée français international de Tokyo au Japon et du du lycée français international de Bangkok en Thaïlande, travaillent à la rédaction d’un récit sur la thématique de l’épouvante avec une classe élémentaire

Explications du projet par Caroline HOSTACHE, enseignante de la classe CE1 C au LFI Tokyo :

« C’est un projet qui nous captive depuis maintenant trois semaines : écrire, en lien avec une classe de CE2 du lycée français de Bangkok, une histoire partagée entre nos deux classes. Le principe est simple : nous devons écrire une histoire qui fait peur.  Les CE2 de Bangkok ont commencé. Ils avaient une contrainte d’ouverture du texte : ils devaient obligatoirement commencer par : “J’ouvre ma porte et… “. 

Nos camarades de Bangkok ont écrit un paragraphe, puis nous l’ont envoyé via “Book creator”, un outil de création de livre en ligne. Ils nous ont aussi imposé 4 mots, qui devaient obligatoirement figurer dans notre paragraphe. 

A notre tour, en classe, nous avons écrit la suite de l’histoire, sans oublier de dresser une liste de mots et de voter en classe pour 4 mots, que nos collègues de Bangkok ont dû, à leur tour, glisser dans leur texte. 

Nous travaillons chacun notre tour sur notre texte commun mais la semaine où nous n’écrivons pas, nous illustrons notre paragraphe et nous devons aussi enregistrer des capsules audio et vidéo qui seront disponibles avec le texte. 

Ce projet est enthousiasmant : les élèves de la classe de CE1 C découvrent le plaisir d’écrire pour pouvoir raconter une histoire. Et c’est aussi un vrai plaisir de découvrir à la séquence suivante, la suite du texte et la manière dont nos amis de Thaïlande ont utilisé les mots que nous avons choisi pour eux ! Malgré la distance, c’est une vraie joie de porter un projet en commun avec un autre lycée français de la zone Asie-Pacifique et nous prévoyons de nous rencontrer en visio-conférence, à la fin du projet, pour faire connaissance et partager un moment ensemble, mais sans aucun mot imposé ! »

Bonne lecture.

Paragraphe 1 :

J’ouvre la porte et je tombe dans le vide… Comment cela m’est arrivé ? Je vais vous raconter.

Je m’appelle Clémentine et j’ai 9 ans. Ce soir-là, j’étais partie chez ma copine Mandarine pour une soirée pyjama. Nous avons fait la fête toute la nuit et, ce matin, je suis très fatiguée.

Mandarine me propose d’aller dans le jardin pour jouer à cache-cache. Cachée dans la forêt, attendant que Mandarine me trouve, je m’endors. Lorsque je me réveille, un chat noir surgit et miaule. Il me regarde et ses yeux deviennent blancs. Je me lève pour le suivre et nous arrivons devant une porte.

J’ouvre la porte et je tombe dans le vide…

Paragraphe 2 :

Mots imposés : ratures, égouts, mal , escalader

Je tombe pendant un très long moment et je me retrouve dans les égouts. L’eau est sale et ça sent mauvais. Mes habits sont tout plein de boue. J’ai perdu connaissance parce que je me suis fait mal au bras. Quand je reviens à moi, le chat est toujours là. Il me fixe et rigole méchamment. Il s’en va. Je le suis et je marche dans les égouts. Soudain, j’aperçois des lettres mystérieuses pleines de ratures gravées dans le mur à côté de trois portes différentes. L’une est toute rouillée et a une tête de hyène dessinée dessus. La deuxième est plus petite et rouge, comme si c’était du sang. Et la troisième est sculptée d’une tête de chat aux yeux blancs. 

Je décide d’ouvrir la « porte au chat ». Je découvre une échelle que je choisis d’escalader…

Paragraphe 3 :

Mots imposés : magique, craquer, lumière, Bob l’éponge

Je grimpe. J’arrive à un autre passage des égouts. Tout à coup, je vois un t-shirt taché de sang sur le sol : je reconnais le t-shirt de ma copine Mandarine car il y a une image de Bob l’Éponge dessus… Je soulève le t-shirt et je découvre un morceau de papier plié. J’utilise la lumière des yeux du chat pour lire le message : « Des ombres magiques et maléfiques rôdent dans les sout… » Je me demande ce que ça veut dire… J’ai peur…

C’est à ce moment-là que je vois ma copine Mandarine suspendue au plafond, accrochée avec une corde par les deux mains. Je cours vers elle, je l’attrape par les pieds et je tire… La corde craque…

Paragraphe 4 :

Mots imposés  : évanouie, sortie; larmes, miroir

Je tire de toutes mes forces. La corde finit par se casser. Mandarine tombe par terre et je la porte dans mes bras. Elle est évanouie. Je vois un immense escalier et je commence à monter les marches qui disparaissent sous mes pas. Je trébuche et je pose ma main sur un miroir. Je me sens aspirée et mon corps bouge tout seul. Je me retrouve dans le désert de la vallée de la mort. J’ai très chaud et très soif. Je vois une montagne qui explose et pleine de feu. De nombreux squelettes d’animaux sont sur le sol. Je reconnais les os d’un dragon de Komodo. Des rhinocéros protègent une pierre de diamant. Un lézard pleure en courant et les larmes qui sortent de ses yeux sont noires. Je cherche la sortie de cet endroit maudit, mais je ne vois rien.

Paragraphe 5

« Alors que j’avance dans le désert, je tombe sur une rivière. Je couche Mandarine au bord de la rivière et je lui fais boire de l’eau. Je la laisse se reposer. Je regarde l’eau de la rivière et je vois une clé au fond de l’eau. J’essaye de l’attraper mais un bébé requin veut me mordre la main ! Heureusement, j’arrive à lui échapper. 

Je me retourne et, sur le sol, je vois une croix tracée avec de l’encre de pieuvre. Je creuse et, cachée dans le sable, j’aperçois une boîte. J’essaye de l’ouvrir avec la clé et, dans la boîte, à côté d’un lézard mort, il y a un message. C’est une recette de potion magique pour sortir du monde des cauchemars… »

Paragraphe 6 et fin

« J’ouvre le papier enroulé. Sous de drôles d’écritures, comme celles que j’ai vues dans les égouts, je lis la recette écrite avec du sang : pour sortir de ce monde, trouver morceau de nuage volant, os de Komodo, colère de montagne, pierre de diamant puissante, larme noire, goutte de sang de rhinocéros.

Tout à coup, je me sens voler. Autour de moi, un tourbillon tourne à toute vitesse. Je reconnais les ingrédients de la recette. Ils se mélangent de plus en plus et une potion se crée. Soudain, le liquide s’approche de moi et j’ai peur. Il s’enfonce dans mon cœur comme un couteau. 

J’entends une voix étrange me dire : « Lève-toi ! Lève-toi ! »

Et blam, des portes se cassent d’un coup et une lumière éblouissante m’indique la sortie. Je me réveille et je crie : « Mandarine, où es-tu ? »

Une vieille dame aux cheveux blancs me répond : « Je suis là ! Qui es-tu ? »

Elle caresse un chat sur ses genoux.

Je découvre avec stupeur que 60 ans sont passés. »

En photo ci-dessous, les élèves du LFI Tokyo travaillant sur le prochain paragraphe de ce récit.